La flexibilité culturelle, clé de la survie en période de sécheresse extrême des anciens hommes du sud de l'Afrique.

La flexibilité et la capacité à s'adapter à l'évolution des climats en employant diverses innovations culturelles, a permis aux anciennes communautés humaines de survivre pendant une période prolongée d'aridification prononcée.

La techno-tradition des anciens hommes, appelée Howiesons Poort, associé à l'Homo Sapiens qui vivait dans le sud de l'Afrique il y a environ 66000 à 59000 ans, indique que lors des périodes d'aridification prononcées, ils ont développé des innovations culturelles qui leur ont permis d’élargir considérablement la gamme des environnements qu'ils occupaient.

La flexibilité culturelle, clé de la survie en période de sécheresse extrême des anciens hommes du sud de l'Afrique.
L'abri rocheux de Klipdrift en Afrique du Sud où des dépôts Howiesons Poort ont été mis au jour. Credit: Stephen Alvarez

Cette flexibilité culturelle a pu être la clé du succès de l'homme moderne d'après une équipe internationale de chercheurs, composée d'archéologues, de paléoclimatologues et de modélisateurs climatiques du CNRS, de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE PSL), de l'Université Bergen et de l'Université Wits.


Les apports du Howiesons Poort


"Parmi les nombreuses innovations culturelles de la société Howiesons Poort, celles qui se distinguent plus particulièrement sont l'invention de l'arc et de la flèche, les différentes méthodes de chauffage des matières premières (pierre) afin de faire des éclats pour produire des pointes de flèches, les gravures sur des œufs d'autruche avec des motifs élaborés, l'utilisation intensive des foyers et la pratiques de chasse et de la cueillette." rapporte le professeur Christopher Henshilwood, l'un des membres de l'équipe des Universités de Bergen et de Wits.

Le Howiesons Poort est une techno-tradition du milieu de l'âge de pierre en Afrique, appelée ainsi d'après le site archéologique de Howieson’s Poort, un abri-sous-roche près de Grahamstown en Afrique du Sud. Cela a duré environ 5 000 ans entre 65800 et 59500 ans.

Les apports du Howiesons Poort
 Site de fouilles mettant au jour du matériel Howiesons Poort sur le site de l'abri Klipdrift. Credit: Stephen Alvarez

A l'aide de données et simulations paléo-climatiques, les chercheurs de cette étude ont vu que la tradition Howiesons Poort s'est développés aux cours d'une période d'aridité prononcée. Ces donnés paléo-climatiques et la distribution des sites archéologiques associés au Howiesons Poort, ainsi qu'à la tradition Stillbay qui existait dans les mêmes environnements 5000 avant (il y a 76000 à 71000 ans), ont permis aux chercheurs de modéliser l'émergence de ces traditions avec deux algorithmes prédictifs. Ils leur ont permis de reconstruire la niche écologique associée à chaque tradition et de déterminer si ces niches différaient de manière significative dans le temps.


Les résultats indiquent clairement que les populations Howiesons Poort étaient capables, malgré l'aridité prononcé qui caractérisait cette période dans laquelle ils vivaient, d'exploiter des territoires et des écosystèmes que les populations précédentes (Stillbay) n'occupaient pas.


Alors que la période Stillbay est caractérisée par des technologies hautement innovantes (la gravure de l'ocre, l'utilisation d'ornements personnels, la fabrication d'outils en os hautement stylisés, le chauffage du silcre (roche rouge) pour produire un meilleur matériau pour tailler les bifaces à l'aide d'un marteau et enfin d'une technologie d'écaillage par pression), l'équipe de recherche fait remarquer que l'expansion de la niche écologique de Howiesons Poort coïncide avec le développement d'innovations technologiques qui étaient à la fois plus efficaces et plus souples que celles de Still Bay.

Des segments de pierre Howiesons Poort sont montés comme en tête de flèche, utilisés dans un arc et une flèche. Credit: Craig Foster 

Bifaces de la période Still Bay era. Credit: Craig Foster

"Il semble que la population d'Homo sapiens en Afrique australe était considérablement plus grande pendant la période Howiesons Poort" ajoute Henshilwood, "il y a plus de sites Howiesons Poort que de sites Stillbay dans le sud de l'Afrique et leur localisation est répandue dans toute l'Afrique Australe".

D'après Henshilwood, le peuple Stillbay n'a pas disparu; Il semble qu'il y ait une période entre il y a 72 000 ans et  66 000 ans où il n'y a presque aucune preuve d'activité humaine en Afrique australe.

Cette étude, qui documente le plus ancien cas connu de l'expansion d'une niche éco-culturelle , démontre que les processus qui ont permis à notre espèce de développer des comportements modernes doivent être examinés à des échelles régionales et en conjonction avec des données climatiques passées.


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